Challenge 80 : Permutations de N

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Il est facile de voir que l’ensemble \mathfrak{S}\left(\mathbb{N}\right) des permutations de \mathbb{N} est infini. En effet, l’application \tau:\mathbb{N}\rightarrow\mathbb{N} définie par :

\forall n\in\mathbb{N}-\left\{ a,b\right\} , \tau\left(n\right)=n

\tau\left(a\right)=b

\tau\left(b\right)=a

est involutive, donc bijective. Et il existe clairement une infinité de telles « transpositions » …

La question que vous devrez résoudre est la suivante : \mathfrak{S}\left(\mathbb{N}\right) est-il dénombrable ?


Une solution est disponible ici

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Cet article a 4 commentaires

  1. René Adad

    J’ai deux questions 🙂
    1 – Pourriez-vous détailler comment vous injectez dans \mathbb{Q} l’ensemble F des suites binaires comportant un nombre fini de 1 ? De mon côté, je vois les choses ainsi : si l’on note F_k la partie de F formée des suites (a_n) telles que a_n=0 pour tout n\ge k, alors il est clair que F_k est fini pour tout k (plus précisément : son cardinal vaut 2^k) et que F est l’union des F_k pour k\in\mathbb{N}. Ainsi, F est l’union d’une famille dénombrable d’ensembles finis.
    2 – J’ai peut-être mal compris mais comment définissez-vous s(0) dans le cas où a_0=1 ?

    1. Guillaume Bigon

      1- On peut associer à la suite (ai) composée de 0 et de 1, le rationnel x : x= somme de i variant 0 à l’infini : ai*10^(-i)
      Tout à fait d’accord avec votre point de vue.

      2- Je me rends compte que je me suis très mal exprimé, je corrige :
      Dans le cas où ai=1, on regarde non pas la parité des indices i mais la parité du nombre d’indices j inférieur ou égal à i tel que aj=1.

      Voici un exemple pour lever toute ambiguïté, si les 10 premiers chiffres (on compte de 0 à 9) sont : 0100010011, cela signifie que les entiers 0,2,3,4,6,7 sont des points fixes de ma permutation, que 1 et 5 sont permutés, et 8 et 9 sont permutés.

      1. René Adad

        C’est effectivement beaucoup plus clair. Et c’est en outre une manière élégante d’établir la non dénombrabilité de \mathfrak{S}(\mathbb{N}). Je vais très prochainement poster la solution que j’ai élaborée de mon côté, tout en indiquant la vôtre. Peut-être que d’autres points de vue apparaîtront par la suite … qui sait ? Internautes, à vos plumes !

  2. Guillaume Bigon

    Prouvons que S(N) n’est pas dénombrable.
    Considérons E l’ensemble des suites de 0 et de 1 qui contiennent une infinité de 1.
    Cet ensemble n’est pas dénombrable car l’ensemble des suites de 0 et de 1 n’est pas dénombrable (équipotent à R) et l’ensemble des suites de 0 et 1 avec un nombre fini de 1 est dénombrable (cet ensemble s’injecte dans Q).
    On va construire une injection de notre ensemble E dans S(N), ce qui suffit donc à prouver le résultat.
    Soit une suite (ai) dans E, on lui associe la permutation s suivante :
    Pour tout entier naturel i :
    -si ai=0 alors s(i)=i,
    -si ai=1, alors deux cas se produisent, si i est impair alors s(i)=j avec j le prochain indice j tel que aj=1, si i est pair, s(i)=j avec j le précédent indice j tel que aj=1.
    Cette construction est possible par définition de E.

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