Lettre A

ACCROISSEMENT (taux d’)

Soient I un intervalle non trivial, f une application de I dans \mathbb{R} et a,b\in I tels que a<b.

Le taux d’accroissement de f entre a et b est le réel :

    \[\frac{f\left(b\right)-f\left(a\right)}{b-a}\]

C’est la pente (coefficient directeur) de la droite \Delta de \mathbb{R}^{2} qui passe par \left(a,f\left(a\right)\right) et \left(b,f\left(b\right)\right).

Le théorème des accroissements finis dit que si f est dérivable alors il existe c\in\left]a,b\right[ tel que :

    \[\frac{f\left(b\right)-f\left(a\right)}{b-a}=f'\left(c\right)\]

On interprète géométriquement cette propriété en disant qu’il existe un point du graphe de f en lequel la tangente est parallèle à \Delta.

Pour tout a\in I fixé, on peut définir la “fonction pente” :

    \[p_{a}:I-\left\{ a\right\} \rightarrow\mathbb{R},\thinspace x\mapsto\frac{f\left(x\right)-f\left(a\right)}{x-a}\]

Par définition, la dérivabilité de f en a équivaut à l’existence d’une limite finie pour p_{a} en a.

Par ailleurs, la convexité de f équivaut à la croissance de p_{a}, pour tout a\in I.

ADJACENTES (suites)

Deux suites réelles a et b sont dites adjacentes lorsque :

  • l’une est croissante,
  • l’autre est décroissante,
  • leur différence tend vers 0.

Proposition

Si les suites réelles a,b sont adjacentes, alors elles convergent vers une même limite.

Pour tout réel x, on peut construire un couple \left(r,s\right) de suites adjacentes, à termes rationnels et dont la limite commune est x.

Une façon de faire consiste à poser, pour tout n\in\mathbb{N} :

    \[r_{n}=10^{-n}\left\lfloor 10^{n}x\right\rfloor \qquad\text{et}\qquad s_{n}=10^{-n}\left\lceil 10^{n}x\right\rceil\]

Les symboles \lfloor X\rfloor et \lceil X\rceil désignent respectivement la partie entière par excès et la partie entière par défaut du réel X (voir la définition). Par exemple, pour x=\pi, les premiers termes de ces suites sont :

    \begin{eqnarray*} r_{0}=3 & ; & s_{0}=4\\ r_{1}=3,1 & ; & s_{1}=3,2\\ r_{2}=3,14 & ; & s_{2}=3,15\\ r_{3}=3,141 & ; & s_{3}=3,142\\ r_{4}=3,1415 & ; & s_{4}=3,1416 \end{eqnarray*}

On démontre habituellement le théorème des segments emboîtés en considérant la suite a des bornes inférieures, la suite b des bornes supérieures et en observant qu’elles forment un couple de suites adjacentes.

Voici d’autres exemples d’une telle situation :

Exemple 1

Etant donnés a,b tels que 0<b<a, on définit deux suites réelles x et y en posant x_{0}=a, y_{0}=b et :

    \[\boxed{\forall n\in\mathbb{N},\thinspace\left\{ \begin{array}{ccc}x_{n+1} & = & \frac{x_{n}+y_{n}}{2}\\\\y_{n+1} & = & \frac{2x_{n}y_{n}}{x_{n}+y_{n}}\end{array}\right.}\]

On peut montrer que \left(x,y\right) est un couple de suites adjacentes et que leur limite commune est \sqrt{ab}.

Il est intéressant de constater qu’à chaque étape, ce sont les moyennes arithmétique et harmonique de \left(x_{n},y_{n}\right) qui sont calculées pour obtenir \left(x_{n+1},y_{n+1}\right) ainsi qu’à la limite, on trouve la moyenne géométrique des deux premiers termes.

Voir aussi l’entrée MOYENNES du lexique, pour un exemple construit de façons similaire, mais nettement plus intéressant puisqu’il débouche sur la notion de moyenne arithmético-géométrique.

Exemple 2

Les suites S et T respectivement définies par :

    \[\forall n\in\mathbb{N},\thinspace S_{n}=\sum_{k=0}^{n}\frac{1}{k!}\quad\text{et}\quad T_{n}=S_{n}+\frac{1}{n\thinspace n!}\]

forment un couple de suites adjacentes. Leur limite commune est le nombre e.

Une preuve classique de l’irrationalité de e repose d’ailleurs sur l’utilisation de ces deux suites. Voir ici.

APPLICATION

Définition

Une application est un triplet (E,F,\Gamma), où E,F sont des ensembles et \Gamma une partie du produit cartésien E\times F, tels que :

    \[\boxed{\forall x\in E,\,\exists !y\in F;\,(x,y)\in\Gamma}\]

E est l’ensemble de départ de l’application.

F est l’ensemble d’arrivée de l’application.

\Gamma est le graphe de l’application.

Pour chaque x\in E, l’unique élément y\in F pour lequel (x,y)\in \Gamma est appelé l’image de x par l’application.

Pour chaque y\in F, les éventuels éléments x\in E vérifiant (x,y)\in\Gamma sont appelés les antécédents de y par l’application. Il se peut qu’un élément ne possède :

  • aucun antécédent,
  • un seul antécédent,
  • plusieurs antécédents (voire une infinité).

Si l’application est notée u, alors l’image de x\in E est notée u(x).

On peut visualiser une application en dessinant des “patates” pour représenter les ensembles de départ et d’arrivée. Chaque couple (x,y) appartenant au graphe est alors représenté par une flèche issue de x et qui aboutit en y :

Notation usuelle :

    \[u:X\to Y,x\mapsto u(x)\]

Exemples

Voici quelques applications …

    \[f:\mathbb{N}\to\mathbb{N},\,n\mapsto n^2\]

    \[g:\mathbb{R}\to\mathbb{R},\,x\mapsto e^x-x-1\]

    \[h:\mathbb{R}\to\mathbb{R}^2,\,t\mapsto(\cos(t),\sin(t))\]

    \[\varphi:\mathcal{P}(\mathbb{N})\to[0,2],A\mapsto\sum_{n=0}^\infty\frac{\mathds{1}_A(n)}{2^n}\]

Dans ce dernier exemple, \mathcal{P}(\mathbb{N}) désigne l’ensemble des parties de \mathbb{N} et \mathds{1}_A désigne la fonction indicatrice de la partie A.

ASSOCIATIVITÉ

Une opération \star sur un ensemble E est dite associative lorsque :

    \[\forall(a,b,c)\in E^3,\,\left(a\star b\right)\star c=a\star\left(b\star c\right)\]

Il n’y a alors plus besoin de parenthèses : on peut noter a\star b\star c sans que ceci ne soulève d’ambiguïté.

On peut aussi définir les itérés d’un élément x\in E en posant :

    \begin{eqnarray*}x^1 & = & x\\x^{n+1} & = & x \star x^{n}\text{ pour tout }n\in\mathbb{N}^\star\end{eqnarray*}

Un ensemble muni d’une opération associative est appelé un semi-groupe. S’il existe en outre un élément neutre e, on parle de monoïde et la définition ci-dessus est prolongée en posant x^0=e.

Pour en savoir plus sur l’associativité, on pourra consulter cet article.

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